AMAP Bons Légumes & Compagnie

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Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne en Deux-Sèvres

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Ils font l’AMAP : Dominique notre producteur

Nous commençons une série de portraits-interviews pour mieux connaître les acteurs et les membres de l’AMAP. A tout seigneur tout honneur, nous commençons par Dominique notre producteur sans qui l »AMAP ne pourrait pas exister.

Bons Légumes & Compagnie (BL&C) : Tout d’abord nous lui avons demandé quel était son parcours ?

Dominique : « Après 10 ans d’élevage, je suis devenu céréalier en 1986. A l’époque, l’aspect environnement n’était pas ma préoccupation première !!! «  Peu d’agriculteurs de sa génération  sont « nés avec des préoccupations environnementalistes ».
« Le raz le bol du train train « tracteur tape cul » ajouté à la prise de conscience des dégâts causés par les pratiques intensives » l’ont conduit à engager une réflexion sur son activité d’agriculteur. Dominique reconnaît avoir eu de la chance de toujours côtoyer des gens en dehors de sa profession, dont certains travaillent dans les métiers de la recherche. « J’ai donc pu alimenter ma réflexion avec des éléments fiables, non partisans et réalistes ».
Une première tentative de reconversion il y a une dizaine d’année n’a pas réussi.  » Sans doute pas encore prêt, je n’est pas fait aboutir cette démarche « .
Quelques difficultés économiques (et oui, ça arrive même aux céréaliers!!) l’ont conduit à une remise en question il y a 5 ans. « J’ai alors envisagé de diversifier mes activités en trouvant un mi-temps à l’extérieur. Pour cela, j’ai fait valider mes acquis pour obtenir un BTS acse (gestion). »
Ne trouvant pas le travail souhaité dans le milieu de la formation, sa décision est prise de revenir à l’idée du bio. « Passionné par les plantes sauvages, je me suis documenté sur leur utilité, tant culinaire, alimentaire que dans l’écosystème.  »
Il imagine alors un projet de conservatoire de plantes et de production/transformation de plantes sauvages (en bio bien entendu) et fais certifier 2 ha dans un 1er temps. En 2006, Dominique commence cette activité en parallèle de son son travail de céréalier. « J’ai alors l’intention de développer la vente directe et m’intéresse aux AMAP.  »
BL&C : C’est donc comme cela que t’es tu retrouvé embarqué dans cette aventure. Comment cela s’est passé au début ? Quelles sont tes motivations ?
Dominique : « Durant l’hiver 2006/2007, je me renferme plusieurs semaines dans mon bureau pour aligner des chiffres, du prévisionnel, de la faisabilité, une étude de marché… »
Dominique prend alors la lourde décision de ne plus s’occuper de ses céréales en faisant faire son travail à façon. Aidé par les organismes bio 17 et 79, qui finissent par le prendre au sérieux, l’idée fait son petit bonhomme de chemin dans la tête du céréalier.
 » J’en parle autour de moi. Plusieurs personnes trouvent mon projet original et m’encouragent en me disant: Si tu cultivais aussi des vrais légumes, en bio, se serait quand même bien. Je ne suis pas maraîcher, mais l’idée fait son chemin.
Dominique propose à Nicole de trouver quelques personnes intéressées par une AMAP.
« 2 semaines après nous sommes 10, puis 15, nous signerons 17 engagements pour l’été 2007.
Jeanne, Frédérique et quelques autres sont à ses côtés, l’encouragent, l’aident.
Il pleut tout l’été, Dominique galère comme jamais, mais reste convaincu d’être sur la bonne voie.
L’AMAP est constituée d’un socle solide de gens convaincus, qui se connaissent, qui le connaissent pour la plus part.
 » L’ambiance est particulièrement chaleureuse. Je réalise que j’ai enfin réussi à créer une activité en faveur de l’environnement qui passe par la relation humaine.  »
Dominique a aussi travaillé durant 13 ans comme localier à la Nouvelle République, ses copains journalistes s’impliquent et font des articles. Le téléphone n’arrête pas de sonner.
 » C’est vous qui m’appelez.La saison d’hiver commence, nous sommes 20 « .
La revue Territoire de vie parle de son initiative. Dominique continue à distribuer ces productions bio sur les marchés et parle avec passion de son projet. Une liste d’attente comprend près de 40 personnes. Mais le projet démarre avec les moyens du bord.
« Je n’ai engagé aucun moyen spécifique au maraîchage pour commencer cette activité.
Je suis complètement fauché, je travaille avec des moyens dérisoires. Les banques me rient au nez et m’abandonnent..
Tenace Dominique  réussi malgré tout à financer une serre pour 6000 €. Les Amapiens se relaient en plein hiver pour l’aider à la monter. Le printemps arrive, la liste d’attente s’allonge. Le pas est franchi, et Dominique abandonne les plantes sauvages,
« Je m’arrache le coeur en les enlevant du jardin. Je commet alors la folie de proposer à l’AMAP de monter à 50 adhérents, puis je me limite à 40.  »
Au printemps 2008 les premiers semis sont faits mais il pleut tous les jours. En juin le nombre d’adhérents est doublé. La production doit suivre alors que les moyens de productions ont été peu améliorés. Pour Dominique la période est difficile. Il le reconnaît lui-même :
 » L’été est un enfer, les premières distributions sont difficiles, puis ma production s’améliore, mes connaissances aussi » .
L’AMAP joue sont rôle et les motivations des adhérents font le reste.
« Je suis fort heureusement soutenu par vous tous, Vous êtes particulièrement solidaires, chacun à votre manière, lors des distributions, des cueillettes, des différents coups de mains, les dégustations ».
Dominique se démène et les membres de l’association  le soutiennent. Dominique avoue  » Les énormes difficultés aux quelles je dois faire face sont largement compensées par votre présence.  »
L’un de ces objectifs dans cette aventure est atteint.
 » Je prend conscience d’être en train de réaliser avec vous ce que je souhaitais depuis longtemps: Produire des choses saines, les vendre directement sans être influencé par les « réalités » du marché, faire du lien social, de la relation humaine. « 
BL&C : Quels sont tes espérances et comment vois tu la suite de ce projet ?

Dominique : » Aujourd’hui, on ne m’y reprendra pas, grâce à vous et à une année de céréales correcte, je suis en mesure de commencer à m’équiper en matériel. Une 2iéme serre devrait être envisagée au printemps Je prend aussi contact avec une technicienne qui va me suivre plus souvent améliorer mes connaissances.

Notre producteur et l’association ont tirées les premiers enseignements de cette année de démarrage. Pour la saison à venir Dominique estime que « La saison d’hiver va encore être influencée par les difficultés de l’année 2008, mais les engagements 2009 s’annoncent sous de meilleurs auspices.

Dominique a bien évidemment plein de projets et il conclue :  » pour ce qui concerne l’avenir je vous ferai part d’autres projets ultérieurement. »

One Response to “Ils font l’AMAP : Dominique notre producteur”

  1. 1
    dimitri huet:

    Bonjour,
    Je suis littérallement séduit par un projet de cette envergure. Je travaille dans le commerce depuis quelques années maintenant mais n’ai aucune connaissance du milieu agricole contrairement à Dominique.
    En fait si j’en suis venu à jeter un oeil sur l’AMAP c’est suite à un reportage que j’ai vu il y a quelques mois sur une équipe qui à première vue si mes souvenirs sont bons, se sont organisés avec des agriculteurs locaux pour vendre donc des fruits et légumes à qui le veut bien mais avec 2 tarifs différents un pour les petits portefeuilles et un autre prix pour ceux qui ont plus de moyens. Bref, je ne sais si l’AMAP est précurseur de telles idées mais hélas je n’ai pas noté le nom de l’association en question.
    Enfin je pense qu’autour de la Terre notre mère nouricière, il est temps de réconcilier des tas de personnes autour d’Elle, afin de marteler dans les consciences les bienfaits de celle-ci et sensibiliser encore plus la population sur l’environnement,pemettre également a toutes les classes sociales de bénéficier de bons produits sans être influencer par les réalités du marché.
    Le chemin ce fait petit à petit mais est drôlement utile à ce jour.
    J’aimerais pouvoir m’investir sur cette voie et je suis ouvert sur tous les bons conseils que l’on pourrait me faire part. Je remercie ceux qui me répondront et qui ont pris le temps de lire mon message.

    Une personne qui m’influence aussi dans cette direction et j’invite le plus grand nombre à visiter son blog c’est Monsieur Pierre Rabhi.

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